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EWS 2017 d’Aspen – Le Journal de Justin Leov

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La sixième manche des Enduro World Series tout juste bouclée, le pilote Néo-Zélandais du team Canyon, Justin Leov, revient en exclusivité francophone pour Endurotribe sur son week-end de course du côté d’Aspen Snowmass au Colorado…

Temps de lecture estimé : 5 minutes – Texte : Justin Leov – Photos : Sebastian Schieck

Un nouveau vélo, une pénalité et un top cinq en spéciale…

Il y a quelques années que je n’étais pas allé à Aspen/Snowmass dans le Colorado. La dernière fois c’était quand je courais encore en DH. J’ai toujours aimé l’atmosphère qui y règne et le style de parcours super rapide : La poignée de gaz ouverte à fond est de rigueur ! Temps sec et poussière au programme avec, en plus, l’altitude pour corser un peu les choses.

Du fait que j’étais chez moi dans l’hémisphère sud avant la course, je me suis préparé un peu différemment que si j’avais été sur place aux États-Unis. C’est l’hiver et les températures sont basses actuellement en Nouvelle-Zélande, j’ai donc simulé la chaleur en me couvrant d’avantage pendant les sorties vélos et j’ai ajouté des séances de sauna après la gym pour préparer mon organisme aux conditions estivales que j’allais retrouver une fois aux USA.

L’altitude aurait aussi une influence déterminante sur l’organisme et je savais que je devrais donner la priorité à la récupération pendant mon séjour à Aspen. Le plus difficile pour moi fut de réussir à dormir une nuit complète. Quand ce n’était pas le manque d’oxygène qui interrompait mon sommeil, c’étaient des rêves très inhabituels qui s’en chargeaient.

Lors de la dernière course en France, Larry mon mécano m’avait montré un concept de déco personnalisée pour mon Strive. Je lui avais donné quelques idées et il était prévu que je reçoive le vélo juste avant l’épreuve de Finale Ligure en fin de saison. J’ai donc eu un choc au moment d’ouvrir le carton des vélos ici au Colorado et j’ai été ébloui, quelle belle surprise !

Pendant les deux journées d’entraînement les sensations étaient bonnes à part la respiration difficile à cause de l’altitude. Je travaillais avec Larry pour adapter le Strive au parcours de Snowmass. Je voulais que le vélo soit un peu plus bas devant pour mieux négocier les virages, nous avons donc fait passer le débattement de la Lyrik à 170 mm au lieu de 180.

Le premier jour de course arriva et en ayant reçu la veille mes temps de départ sur les différentes spéciales, je savais à quelle heure je devais être prêt. Un email nous fut envoyé nous annonçant un délai de 35mn, ce délai serait à ajouter à nos temps de départ de chaque spéciale. Lorsque le matin l’organisation me donna l’autocollant avec le timing de la journée, je pensais qu’il prenait déjà en compte le délai de 35mn mais je me trompais. Première erreur. En me dirigeant ensuite vers les remontés mécaniques je lisais mal mon heure de départ, deuxième erreur, bref la confusion était totale et j’étais en train de m’échauffer au moment où j’aurais du m’élancer pour la spéciale 1. Je recevais une pénalité d’une minute…

J’étais dégoûté, c’est le moins qu’on puisse dire, mais je ne pouvais plus rien y faire donc il ne me restait plus qu’à donner le maximum pour que la journée finisse mieux qu’elle n’avait commencé. Plus facile à dire qu’à faire, le mental en prend quand même un coup dans ces situations et je terminais chacune des trois spéciales du jour autour de la vingt-cinquième place, sans jamais vraiment trouver le bon rythme. En ajoutant la minute de pénalité je pointais en cinquante-et-unième position le soir du premier jour.

Pouvoir en parler le soir, autour d’un bon dîner, avec mon team manager m’a aidé à tourner la page. Nous étions d’accord sur le fait qu’il fallait aller de l’avant et simplement tout donner le lendemain en course pour ne pas avoir de regrets.

Le deuxième jour se passa beaucoup mieux. Les sensations étaient au rendez-vous et je réussissais même le quatrième meilleur temps dans la spéciale la plus difficile du week-end. Avec les treizièmes et quatorzièmes temps dans les deux dernières spéciales je terminais finalement la manche d’Aspen en trente troisième position.

Cette course est une fois de plus la démonstration de l’importance du mental à ce niveau de la compétition. J’ai appris encore de mes erreurs ce week-end, en espérant ne pas les répéter. Whistler va me donner l’occasion de me racheter très vite. Je suis content de ma forme actuelle, j’ai juste besoin de la transformer en résultats !

Justin

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